Dividendes 2023 : comment améliorer son rendement avec la vente d’option d’achat (et un portefeuille rikiki)

Une stratégie long terme consiste à acheter des valeurs de rendement, c’est à dire des actions qui paient régulièrement des dividendes importants à ses actionnaires. Si l’investisseur ne souhaite pas conserver ses titres à l’année, et qu’il souhaite se focaliser sur le seul revenu de l’action, il est possible de grouper l’achat d’actions avec la vente d’option d’achat. Exemple ci-dessous !

Sélection de 3 valeurs à fort dividendes

Parmi les valeurs qui cotent sur SBF (EuroNext Paris), plusieurs titres retiennent notre attention :

  • Crédit Agricole (ACA) : dividende 1.05€ pour un prix de 10.40€, soit 10.1% de rendement
  • Société Générale (GLE) : dividende 1.70€ pour un prix de 20.70€, soit 8.2% de rendement
  • Totalenergies (TTE) : dividende 3.81€ pour un prix de 55.00€, soit 6.9% de rendement

Rappel de la stratégie COVERED CALL, ou vente d’option d’achat

Vendre une option d’achat, c’est vendre à un tiers le droit (mais pas l’obligation) d’acheter un titre dans le futur à un prix donné. Ce droit à une valeur fluctuante selon la volatilité du sous-jacent, le prix d’achat (ou strike), et la date d’expiration (DTE ou Day To Expiration).

Prenons l’exemple de Crédit Agricole, et la vente d’une option d’achat pour 10.50€ du titre à expiration du 16 juin 2023, abrégé JUN 16 ’23 10.5 CALL de son petit nom. Deux cas de figures :

  • Soit le titre Crédit Agricole finit au-dessus de 10.50€ à expiration, l’option est dans la monnaie (ITM, In The Money), et le vendeur de CALL va se faire exercer, et devra donc acheter les titres au prix de 10.50€
  • soit le titre Crédit Agricole finit en-dessous de 10.50€ à expiration, l’option est hors de la monnaie (OTM, Out of The Money), et l’option expire sans valeur. Le vendeur empoche donc la valeur de la prime.

Pour plus d’information, vous pouvez consulter cette video produit par l’OIC, the Options and Industry Council, qui est l’instance US en charge de réguler et de promouvoir les options sur les marchés américain :

Trading Covered Calls to generate income, by the OIC

Quelles options choisir ? EUREX ou MONEP

En Europe, il existe plusieurs émetteur d’options vanille (c’est à dire régulées). Parmi les bourses principales on peut citer l’allemand EUREX (propriété de Deutsche Börse), MONEP (EuroNext France), MEF (Spanish Futures & Options Exchange), FTA (Euronext Netherlands Derivatives), ou IDEM (Borsa Italiana).

Chaque option est définie par :

  • la date d’expiration, avec une périodicité hebdomadaire ou mensuelle
  • le mode de livraison : physique ou financier. En général les options sur actions sont en règlement physique, c’est à dire que le vendeur doit acheter/vendre le titre au prix d’exercice (strike). Les options sur indice sont le plus souvent réglé financièrement, c’est à dire que le vendeur encaisse/décaisse la différence avec le prix d’exercice.
  • le style, Européen ou Américain. Les options de style Américain peuvent être exercées avant l’échéance
  • le multiplicateur : 10, 100, 500 ou 1000 selon les titres

Conséquence du multiplicateur sur le capital requis : pour les titres que nous avons cités, MONEP propose plusieurs multiplicateur 10, ou 100. En choisissant le multiplicateur 10, le capital nécessaire est fortement réduit puisque la vente d’un CALL n’engage le vendeur qu’à acheter 10 titres, contre 100 habituellement.

Ci-dessous les options choisies sur Euronext France :

Le vente de ces 3 options nous a donc rapporté (or frais de courtage):

  • Crédit Agricole (AC3) : un prime de 0.08€ par action, soit 0.8% supplémentaire
  • Société Générale (GL3) : une prime de 0.55€ par action, soit 2.7% supplémentaire
  • Totalenergies (TO2) : une prime de 2.52€ par action, soit 4.6% de supplémentaire

Coût total des positions

En prenant en compte les frais de courtage, les positions sur ces 3 valeurs sont les suivantes :

  • Crédit Agricole : 10 titres à 10.54€, plus une prime de 0.06€ par action, soit 104.80€
  • Société Générale : 10 titres à 20.94€, plus une prime de 0.53€ par action, soit 204.10€
  • Totalenergies (TO2) : 10 titres à 54.78€, plus une prime de 2.50€ par action, soit 522.80€
  • soit un total de 831.70€ pour 30 titres à forte dividende

(A noter que les frais de courtage pour ces multiplicateurs x10 ne sont que de 0.20€ par contrat, contre 1.09€ habituellement pour un multiplicateur x100.)

Conclusions

Il est donc possible, même avec un capital très limité, de faire de la vente d’option d’achat sur des valeurs de rendement. Quelques pistes d’optimisation :

  • Réduire les frais de courtage en utilisant des multiplicateurs x100
  • réduire le spread entre prix de vente et prix d’achat d’une option grâce en choisissant des options plus liquides
  • Faire préalablement l’acquisition du titre par… une assignation sur une vente de PUT, c’est à dire vendre le droit de vendre 🙂

Pour aller plus loin…

Il est possible de consulter le strategy builder mise à disposition par l’OIC. Ce concepteur de stratégie fonctionne uniquement sur des actions et des ETF qui cotent sur le marché américain. Dans l’exemple ci-dessous, le simulateur vend un CALL OTM, alors que nous avons vendu des CALL ATM (At The Money) pour augmenter le rendement.

Ici, la vente d’un CALL sur le titre Amazon rapporte immédiatement 7.10$ par action (upfront income). La contrepartie est que le plus-value pour l’investisseur plafonne lorsque le titre atteint 125$ (upside capped).

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