l’équipement de bébé en 1971

Il n’est pas recommandé d’attendre les derniers jours ou même les derniers mois de la grossesse pour préparer l’équi­pement de bébé. Le plus raisonnable est d’échelonner les acqui­sitions à partir du quatrième ou du cinquième mois. A ce mo­ment-là, les risques d’une fausse couche sont dépassés, les malaises aussi, et la future maman éprouve le besoin bien naturel d’avoir déjà sous les yeux quelques-unes de ces petites choses ravissantes qui prendront sens et vie dès la naissance de l’enfant. On peut ajouter que le budget du foyer s’adapte plus facilement aux achats successifs qu’à des dépenses globales et massives au moment où doivent être prévus les frais de clinique et de méde­cin.

Les premières dépenses ont avantage à être réservées à la layette, ce qui donne l’occasion à la future mère de tricoter elle-même, si elle le désire, chaussons et brassières de laine fine. Les derniers achats seront ceux de la baignoire et de la voiture d’en­fant, objets plus encombrants, qu’on peut se faire livrer dans la semaine qui suit la venue au monde de bébé.

LA LAYETTE

Dès qu’une future maman pense à la layette du bébé, elle se pose la question de la taille. Comment évaluer d’avance ce qui conviendra au nouveau-né? Il faut savoir qu’un nourrisson apparaît si petit aux grandes personnes qu’on a généralement tendance à acheter des pièces de layette rapidement inutilisables, car non seulement le nouveau bébé passe dix jours en clinique, c’est-à-dire le tiers de son premier mois d’existence, mais encore grandit-il et grossit-il rapidement, au cours des premiers mois, au grand émerveillement de ses parents.

Si l’on veut éviter des achats superflus, il y a avantage à acquérir des pièces de layette du deuxième âge. Pendant le pre­mier mois les brassières seront un peu amples, mais, en retrous­sant les bords des manches, les choses s’arrangeront au mieux et le trousseau fera bon usage.

Voici la composition d’une layette de base :

  • 3 brassières de laine fine
  • 4 à 6 paires de chaussons de laine
  • 2 vestes de laine à enfiler sur les brassières
  • 3 culottes de laine assorties aux brassières
  • 2 bonnets de laine emboîtant bien les oreilles
  • 2 paires de moufles (en hiver)
  • 2 grenouillères de laine (en hiver)
  • 6 chemisettes en coton fin
  • 6 brassières de piqué molletonné
  • 2 culottes de plastique
  • 6 bavoirs en coton ou en tissu éponge
  • 1 passe-couloir (burnous ou grand châle blanc)
  • 1 nid-d’ange (assez grand pour être transformé ensuite en premier manteau à capuchon)
  • 2 douzaines de couches carrées à double tissage
  • 2 douzaines de pointes à centre en tissu-éponge
  • 1 douzaine de langes en coton molletonné.

Dans les grandes villes, des services spécialisés fournissent deux ou trois fois par semaine, suivant l’abonnement, des couches propres et stérilisées et remportent les sales, épargnant ainsi à la maman des lessives continuelles et des séchages souvent difficiles. Il suffit alors d’acheter quelques couches (environ une demi-douzaine) qui dépanneront momentanément, en cas de nécessité.

LE BERCEAU ET SES ACCESSOIRES

Il est bon d’en prévoir l’achat vers le sixième ou le septième mois de la grossesse, afin de parer à l’éventualité d’une naissance prématurée. Par ailleurs, la vue du berceau ou du petit lit est attendrissante pour les parents et marque déjà la place du nouvel invité au foyer familial. Enfin, la future maman peut ainsi, tout à son aise, garnir le coin sommeil de son enfant.

Lit-cage ou berceau

Les pédiatres recommandent actuellement l’usage du berceau pendant les premiers mois du bébé, parce que l’espace restreint correspond mieux à la situation du fœtus dans le ventre mater­nel et ménage ainsi une heureuse transition avec le lit plus vaste et donc moins protecteur.

Mais il est évident que le berceau ne peut convenir que pendant quelques mois et qu’il faudra de toute façon envisager l’acquisition d’un lit-cage où l’enfant pourra dormir jusqu’à l’âge de deux ou trois ans. Souvent, le berceau est considéré par les jeunes ménages comme un placement raisonnable lorsque d’autres naissances sont espérées. On peut aussi emprunter un berceau à des parents ou des amis, à condition d’en assurer un rafraîchissement général. Le lit-cage peut évidemment servir dès la naissance si l’achat d’un berceau n’est pas envisagé. Il sera monté sur roulettes afin de faciliter les déplacements.

La literie

Les lits d’enfant ne comportent jamais de sommier : le mate­las assez dur, fait de crin végétal ou de balle d’avoine tassée, est posé sur le cadre de bois formant le fond du lit.

La housse de plastique, qui entoure certains matelas vendus dans le commerce, n’est pas très recommandable. Elle risque d’échauffer l’enfant. Le simple coutil est bien préférable,

celui-ci restant d’ailleurs protégé par l’alèse de caoutchouc amovible sur laquelle on tend un lange épais.

L’oreiller doit être garni, comme le matelas, de crin végétal ou de balle d’avoine tassée et ne pas être trop gros. Le bébé ne peut avoir la tête trop haute, ni reposant dans un oreiller mou, ce qui risquerait de l’asphyxier s’il basculait sur le ventre. Les draps de lit, de berceau ou de voiture, se vendent par unité avec taie d’oreiller assortie. Cela signifie que le drap du dessous est à acheter ou à confectionner séparément ou à récupérer dans des draps de lit un peu usagés de la maison. Cependant, pour les lits-cages, des paires de draps complètes peuvent être trouvées dans le commerce.

Pour les naissances d’été ou les régions à climat chaud, les draps de cotonnade sont les plus indiqués. Par contre, pour les naissances d’hiver, dans des logements à chauffage inégal ou dans les régions à climat rigoureux, les draps de lit en molleton sont préférables.

Il est préférable d’avoir des couvertures chaudes et légères. Une seule excellente couverture vaut mieux que deux ou trois à base de coton et donc lourdes. Le nouveau-né est un petit être fragile qu’il ne faut pas incommoder par des poids inutiles, mais il faut aussi se rappeler qu’il vivait, dans le corps maternel, à une température de 36 à 37° et que les 20 ou 22° de nos appartements représentent une grosse différence. Toutefois, après les premières semaines, le bébé s’est adapté à ses nou­velles conditions de vie et, à ce moment-là, il convient d’éviter de le surchauffer. La question du choix des couvertures est donc importante et mérite toute l’attention maternelle. L’usage d’un fixe-couverture est recommandé, surtout lorsque l’enfant commence à remuer davantage. Il est d’un emploi facile et son achat est peu onéreux.

L’HEURE DU BAIN

Ils sont à choisir soigneusement, car ils concernent direc­tement le petit corps fragile du nouveau-né.

La baignoire

La baignoire spéciale pour bébé est indispensable. La plus pratique est faite en plastique. Elle a les dimensions voulues pour recevoir le bébé qui ne risque pas de s’y sentir perdu, angoissé, comme il pourrait l’être dans la baignoire familiale. Elle a aussi l’avantage de pouvoir être placée sur un meuble, à bonne hauteur, pour permettre de tenir l’enfant fermement. Enfin, légère, elle se range aisément entre les séances quoti­diennes de bain. Avantage supplémentaire, le plastique, en tout cas, ne blessera pas bébé et présentera une surface moins froide qu’un lavabo en faïence, moins chaude qu’un bassin en métal galvanisé. Les modèles de baignoires en toile imperméabilisée et montée sur pieds pliants sont pratiques à condition d’être bien stables et étanches.

L’éponge ou le gant de toilette

Leur qualité principale : la douceur. Par conséquent, pas d’éponge synthétique, mais une éponge véritable est explicitement recommandée pour les bébés. De même, pas de gant de toilette rugueux qui irriterait la peau sensible du nourrisson, ais un gant en tissu très doux qui ne soit pas du tissu-éponge.

L’avantage du gant de toilette sur l’éponge, c’est qu’il peut être bouilli, donc mieux entretenu.

Le savon

Le savon utilisé doit être de première qualité et, de préfé­rence, fabriqué spécialement pour les bébés. Les savons trop bon marché risquent de renfermer des produits irritants qui auraient vite fait de provoquer des rougeurs.

La brosse à cheveux et autres accessoires

La brosse à cheveux ne peut pas être en nylon. Choisie en soie et de bonne qualité, elle fera bon usage. Une serviette-éponge de bain doit pouvoir recevoir le bébé tout entier à sa sortie de l’eau. Il s’agit donc de la prévoir suffisamment grande, douce et bien absorbante.

Un petit matelas à langer, de forme incurvée, pour recevoir bébé sans qu’il puisse rouler sur le côté, facilite grandement les opérations d’après-bain. Il est peu coûteux, revêtu d’une housse en plastique, léger et se dépose sur un meuble, à bonne hauteur.

Un thermomètre de bain aide à mieux apprécier la température de l’eau, encore qu’un tel instrument puisse se dérégler et que la maman acquière vite l’expérience de la température convenable.

Une petite boîte est à prévoir pour y conserver le coton nécessaire aux soins des oreilles, du nez, etc. Du talc et une lotion crème spéciale compléteront l’équipement. Les frictions à l’eau de Cologne ne sont pas favorables aux tout-petits.

À L’HEURE DES REPAS

En principe, l’alimentation au sein reste la plus conforme aux besoins du nouveau-né. Mais, dans bien des cas, la chose n’est pas possible, soit, parce que la mère manque de lait, fasse une infection des seins, ait des bouts de sein trop effacés pour permettre au bébé de téter, ou encore que des raisons professionnelles impérieuses l’empêchent d’envisager l’allaitement maternel. Dans ces cas, l’alimentation artificielle est instaurée, sur prescription médicale, et le lait de vache, ou un lait en poudre couvenant particulièrement bien au bébé, remplace le lait maternel.

Il faut prévoir six biberons : un par tétée quotidienne. Cela permet de préparer chaque matin, en une seule opération, les quantités de lait nécessaires pour toute la journée.

Ces biberons auront un goulot large qui facilitera leur entretien. Ils sont généralement en verre résistant à la chaleur, mais on en fait de très pratiques en nylon transparent, stérilisable. Quel que soit le modèle préféré, il convient d’être attentive à la clarté de la graduation : elle aura toujours beaucoup d’importance pour la surveillance du développement de l’enfant.

Les tétines sont évidemment à adapter au genre de biberons choisis. Comme un grand nombre de systèmes existent dans le commerce, il n’est préférable de n’acheter qu’un modèle ou deux des meilleurs systèmes. Car, en fin de compte, c’est le bébé lui-même qui choisira ce qui lui convient le mieux. Il est à noter que les tétines sont livrées non percées ou insuffisamment percées à dessein, chaque nourrisson ayant sa propre force de succion. D’après le poids de naissance et la vigueur du tout-petit, des trous ni trop grands, ni trop petits, ni trop nombreux, ni trop rares, seront à percer au moyen d’une aiguille rougie au feu avant le premier biberon donné en rentrant de la clinique.

A signaler que pour les voyages, des biberons spécialement conçus permettent de boucher hermétiquement le goulot tout en maintenant la tétine orientée vers l’intérieur. Un autre système propose un cache-tétine incassable qui maintient la tétine dans sa position normale et la recouvre en forme de capuchon hermétique.

Un pichet gradué facilite les opérations de préparation des aliments. Il peut être en verre ou en plastique transparent.

Un tamis fin est indispensable à la préparation des biberons, car tout grumeau bouche inévitablement les trous fins de la tétine et peut décourager bébé… en énervant la maman !

Un petit entonnoir facilite grandement le remplissage journalier des biberons.

Un chauffe-biberon électrique, avec un thermostat interrupteur lorsque le biberon est à point, rend de grands services, surtout pour le premier et le dernier biberon de la journée. C’est une bonne idée de cadeau à suggérer.

Un goupillon, sorte de petite brosse tubulaire montée sur un fil de fer, permet de nettoyer chaque biberon à fond après la tétée. Cela supprime les odeurs de lait ranci, désagréables dans un logement, et annule le risque de fermentation des dépôts récalcitrants.

Enfin, un ouvre-boite de modèle courant sera réservé exclusivement à la préparation des repas du bébé.

LA PROMENADE

Si, en été, et par haute température, la promenade du bébé ne pose pas d’autre problème que celui de l’ombre et d’une aération suffisante, en hiver, par contre, les sorties du tout-petit demandent un équipement adéquat.

LES VÊTEMENTS

Ils ont été cités dans la layette de base. Ils comprennent no­tamment un bonnet de laine bien emboîtant, une culotte longue, avec pieds fermés comme un collant et que l’on appelle actuellement « grenouillère », des moufles et, entourant tout cela, un burnous ou un manteau à capuchon fermé en bas dans lequel bébé se sentira idéalement bien. Habillé de la sorte, il pourra se permettre de sortir par tous les temps.

LA VOITURE

La mode d’aujourd’hui est un landau anglais, en forme de nacelle haute, montée sur grandes roues. Elle a le grand avan­tage de maintenir le bébé au-dessus des poussières et des gaz d’échappement des autos, comme aussi de l’humidité émanant du sol. Il convient de choisir un landau muni de freins et suffi­samment long pour pouvoir être utilisé pendant sept à neuf mois, ou davantage.

Les voitures pliantes adoptent des formes comparables à celles du landau anglais, mais elles sont plus petites, moins stables, moins souples. Par contre, elles sont très pratiques, sur­tout pour les parents qui se déplacent fréquemment. La nacelle Les landau-poussettes représentent un investissement à assez long terme puisqu’ils sont susceptibles d’être transformés sui­vant l’âge de l’enfant et peuvent servir jusqu’à trois ou quatre ans. Un inconvénient : leur suspension est moins étudiée: mais cela peut être compensé par l’adaptation d’un matelas souple dans le fond de la voiture.

UN NÉCESSAIRE POUR LES SOINS QUOTIDIENS

Un coffret réservé à cet usage ou un petit panier à couvercle, garni intérieurement d’un tissu plastifié facile à entretenir, contiendra :

  • 1 boite de compresses stériles
  • 1 thermomètre médical
  • 1 paquet d’ouate
  • 1 boite de coton-tige
  • 1 boîte de talc
  • 1 flacon de liniment oléo-calcaire ou de crème antirou-geurs
  • 1 tube de vaseline pure
  • 1 tube de vaseline goménolée
  • 1 flacon d’eau boriquée (pour nettoyer les yeux du bébé).
Avatar de mamie Chantal

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